Quelques anecdotes

Un Far West en plein Cantal*
*titre repris de l’ouvrage "Il était une fois Garabit" - IEO - 1992

Le viaduc de Garabit nécessite le travail de près de 400 ouvriers. Mais les effectifs ont considérablement varié lors des différentes étapes de la réalisation du viaduc.
Près de la moitié des ouvriers étaient des italiens, spécialistes de la taille de la pierre et du travail des moellons à la boucharde.

Le chantier est lancé au cœur de cette petite vallée de la Truyère, tranquille et sans histoire. Le café tenu par la « Camba Fina » sera pendant toutes ces années, le lieu de rencontres. Là vont se rencontrer, se découvrir, quelquefois s’empoigner les habitants de ce village de western, entre cantaliens et ouvriers du chantier, pour la plupart italiens.

Témoignage d’un jeune visiteur de l’époque :
Léon Bélard, « L’érudit archiviste-bibliothécaire et secrétaire au Syndicat d’initiatives de Saint-Flour »

« J’ai le souvenir de quatre ou cinq voyages que je fis à Garabit, avec mes parents ou autres personnes de chez nous, car on allait nombreux de Saint-Flour à Garabit. Tout pour moi était sujet d’étonnement, à commencer par ces innombrables maisons en bois – les cambuses – échelonnées le long de la route, dans lesquelles logeaient les 2 ou 300 hommes de l’entreprise. Avec quelle curiosité mes yeux perçants d’enfant suivaient ces hommes juchés sur des échafaudages à des hauteurs vertigineuses !
J’éprouvais un frisson quand je les voyais au bord de l’abîme ou suspendus dans le vide ; il y avait bien les filets protecteurs de chute, mais… j’entendais la cadence du martelage des rivets, les coups de corne ou de cloche par lesquels se transmettaient certains ordres, le sifflement des machines à vapeur, pompeuses de l’eau de la Truyère, ou broyeuses de mortier ; je me garais, comme figé, sur le bord de la route, pour voir passer les lourds camions de fers, traînés par 6 ou 7 chevaux, et qui venaient d’une traite de Neussargues à Saint-Flour – 31 kilomètres. – D’une traite non, car il y avait des auberges en cours de route, et vous pensez que les rouliers ne les évitaient point. Ah ! Ces vieilles auberges ; ce fut le bon temps pour elles : je crois bien que le pinard qu’on y distilla à cette époque aurait actionné un moulin pendant plusieurs jours … Mais […] ; ce sont là des souvenirs d’enfance bien estompés aujourd’hui
… »
Le Courrier d’Auvergne, 28 septembre 1932

Les suicides

De nombreuses personnes se sont données la mort à Garabit, certains de manière plus spectaculaire que d’autres ; aussi quelques histoires ont particulièrement marqué les esprits. Si vous menez l’enquête du côté de Garabit, on vous parlera, sans nul doute, de ce couple d’amoureux venus se jeter du viaduc, poussés par le désespoir de ne pouvoir s’unir. Leurs parents refusaient le mariage du fait des origines modestes de la jeune femme. C’était en avril 1900.
Certainement vous parlera-t-on aussi de cet ex- parachutiste qui avait annoncé son saut et qui se jeta du haut du Viaduc, au mois d’août 1962, devant des centaines de personnes.

Les accidents

La guerre

Aujourd’hui encore, la rumeur publique prétend que le viaduc de Garabit a failli être dynamité pendant la guerre. En 1944, il est vrai que le site a connu des actes de sabotage : les deux arches du petit pont de pierre ont été détruites par la résistance ; puis ce fut au tour des allemands de riposter en incendiant l’auberge Cellier ; enfin, les résistants ont neutralisé la voie ferrée en dynamitant le pont-rail situé côté Loubaresse. Mais l’écossais Sir Macpherson of Biallid le confirme dans un courrier de mai 2006 : « nous n’avons jamais eu l’intention de faire sauter le viaduc. ».